Author: Jean Winand

L’enjeu du développement durable à l’Université de Liège

L’Université de Liège s’est résolument engagée dans une politique rencontrant les objectifs du développement durable tels que définis par l’ONU (https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/). Une politique volontariste qui pose des gestes forts en faveur du développement durable s’inscrit naturellement au cœur des missions de notre université. Nous sommes convaincus que notre Université peut apporter une contribution significative au travers de ses principaux types d’activités.

Par sa recherche, l’ULiège alimente la réflexion des décideurs politiques et économiques en leur fournissant des études scientifiquement étayées sur les enjeux liés au développement durable. Elle contribue aussi très concrètement à concevoir et développer des solutions techniques innovantes, à réfléchir à de nouveaux modèles d’organisation favorisant de meilleures conditions de travail donnant un sens aux missions des uns et des autres, en rénovant, par exemple, ses structures et ses modes de gouvernance.

Dans son enseignement, l’ULiège doit avoir à cœur, là où c’est possible, d’intégrer la question du développement durable dans les matières enseignées. Cela peut prendre différentes formes : en dehors des formes plus classiques de cours, où une information peut déjà être diffusée, il est possible d’associer nos étudiants de manière très concrète en proposant la réalisation de projets, de travaux individuels ou collectifs, où les objectifs du développement durable pourront être abordés sous l’angle particulier des disciplines scientifiques enseignées. Je suis convaincu que tous les champs scientifiques disciplinaires peuvent apporter en cette matière une contribution originale.

Dans ses activités tournées vers l’extérieur, l’ULiège doit résolument prendre une part encore plus active dans le débat public. Elle peut le faire bien sûr au travers d’interventions de ses experts dans les médias et par l’organisation de et la participation à des manifestations diverses. Elle doit surtout favoriser l’engagement citoyen de tous les membres de la communauté universitaire.

Enfin, l’ULiège entend agir elle-même de manière très concrète en réexaminant ses pratiques dans plusieurs domaines : dans sa politique générale des infrastructures, dans la gestion de son parc immobilier, dans la gestion de tout son personnel de manière à favoriser les conditions propices au bien-être au travail, en veillant, pour ne citer qu’un exemple emblématique, à mettre en place une politique de mobilité tournée vers une meilleure gestion du temps et de nos ressources.

L’ULiège ne peut que se réjouir de l’implication des étudiants dans ce nouvel élan. Une première enquête destinée à identifier les actions en cours ainsi que les projets rentrant dans le cadre des objectifs du développement durable vient d’être lancée par notre Faculté de Gembloux Agro-BioTech. Les résultats en seront analysés et des propositions seront faites par l’Institution pour intégrer cette démarche facultaire dans une vision institutionnelle collective à laquelle nous contribuons déjà. A cet égard, il faut rappeler la mise en place d’un groupe de travail Développement Durable, piloté par moi-même et le Vice-recteur aux infrastructures immobilières et aux affaires étudiantes. Nous aurons l’occasion, Rudi Cloots et moi-même, de venir prochainement avec des propositions d’actions très concrètes.

Free Hamid !

Cela fait maintenant cinq ans que Hamid Babaei a été emprisonné en Iran. Hamid est un doctorant de notre université, inscrit à HEC. Il a été condamné pour « atteinte à la sécurité nationale » et accusé d’avoir refusé d’espionner d’autres étudiants iraniens en Belgique.

Chaque année, l’ULiège, en collaboration avec Amnesty International, se mobilise pour rappeler les conditions de cette incarcération et pour réclamer une libération immédiate de Hamid.

Au-delà du cas particulier de Hamid, cette situation nous rappelle que l’enseignement supérieur, avec la presse, est souvent l’une des premières cibles des gouvernements où les libertés démocratiques sont étroitement contrôlées. Ceci illustre en creux de manière exemplaire le rôle éminent des universités dans le maintien des libertés.

L’exercice de l’esprit critique, la liberté de choisir les sujets de recherche, la liberté d’en publier les résultats et de les diffuser le plus largement au travers des enseignements, l’intervention des universitaires dans les débats de société en mettant à disposition leur expertise, voici quelques missions essentielles au cœur de l’identité universitaire.

L’actualité récente nous rappelle aussi chaque jour la contribution des universités dans le décryptage de l’information et dans la déconstruction des vérités approximatives. Partout où cela est possible, il nous appartient de porter une parole libre, de combattre l’injustice, et de lutter pour la vérité. Ne l’oublions jamais !

Bon anniversaire : Orbi fête ses dix ans !

Le mardi 20 novembre avait lieu à l’Université de Liège la célébration des dix ans d’Orbi.

Ce fut l’occasion de jeter un regard dans le rétroviseur, mais surtout de provoquer un nouvel élan pour être à la hauteur des enjeux de l’Open science. Dans cet esprit de pleine liberté de chercher et de pleine liberté de communiquer, il est important bien sûr de maintenir l’outil à jour, de le moderniser, mais surtout de convaincre nos partenaires institutionnels, en Belgique, en Europe et dans le monde, de s’engager pleinement et sans réserve dans la voie de l’Open access.

Dans cette perspective, il apparaît de plus en plus clairement que l’Open data, c’est-à-dire la diffusion des données ayant rendu une recherche possible, devrait à terme devenir un maillon important dans le processus permettant la validation des résultats de toute recherche. Certes, comme l’ont rappelé plusieurs orateurs, le chantier est immense, les obstacles de toutes sortes (techniques, légaux, psychologiques) nombreux. Mais il appartient à la communauté scientifique de s’organiser, avec l’aide des pouvoirs publics, et de s’engager avec confiance dans un processus qui résume les valeurs fondamentales de la recherche dans lesquelles nous croyons.

Les dix ans de l’UniGr et la constitution d’universités européennes

Le 13 novembre avait lieu à Saarbrucken la célébration des 10 ans de l’UniGr (Université de la Grande Région), un réseau regroupant les universités de Kaiserslautern, de Liège, de Lorraine, de Luxembourg, de la Sarre et de Trèves. Il y avait aussi la tenue d’un conseil d’administration au cours duquel fut examinée l’opportunité de présenter la candidature du réseau en réponse au call récemment lancé par l’UE sur la constitution d’universités européennes.

Mission ministérielle au Maroc

Sous l’égide de l’ARES, une mission des universités et des hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est rendue à Rabat ces 7 et 8 novembre 2018 pour envisager avec leurs homologues marocains de nouvelles formes de coopération, tant en enseignement qu’en recherche. La mission était conduite par notre ministre Jean-Claude Marcourt.

Dialogues en humanités

Il faut saluer comme il convient l’initiative de la HEM Business School, une école de commerce, privée de surcroît, qui pose à ses étudiants depuis près de 15 ans, la question de l’engagement citoyen et la responsabilité des intellectuels à réveiller les consciences. Les treizièmes Dialogues en humanités proposaient des regards croisés d’individus venant d’horizons très variés : un ministre marocain du logement et de la gestion du territoire, un philosophe alter-mondialiste, un ultra-marathonien, conteur et tisseur de rêves, un globe-trotter autiste, et un égyptologue, qui s’occupe depuis peu de la gouvernance d’une université.